Portrait : Les Hoyt, l’amour d’un père, le courage d’un fils, la victoire d’une famille

Ce billet fait suite à la vidéo que je vous ai présentée il y a 2 semaines, sur les exploits d’une famille extraordinaire. Je sais que l’article est assez long, mais ça vaut le coup d’aller jusqu’à la fin.

Voici le portrait des Hoyt : père et fils. Dick Hoyt est un ancien militaire à la retraite, de 71 ans, et son fils Rick, 49 ans, est quadriplégique.

Tout commence en 1962, lorsque pendant l’accouchement, le cordon ombilical de Rick s’entoure autour de son cou et le prive d’oxygène suffisamment longtemps (anoxie cérébrale) pour qu’il ait des séquelles neurologiques graves et qu’il reste paralysé.


Le début de l’épreuve

Alors que les médecins pensaient que le garçon resterait dans un état végétatif toute sa vie et conseillaient aux parents de le placer dans un centre spécialisé, les Hoyt ne le voyaient pas de cet œil. Ils étaient déterminés à ce que leur fils puisse vivre une vie aussi normale que possible et aller à l’école avec les enfants de son âge. Les Hoyt décidèrent donc de garder leur fils à la maison et de l’élever de façon normale.

Les spécialistes pensaient que Rick étaient déficient mental, mais ses parents étaient convaincus que leur fils était aussi intelligent que les autres enfants de son âge, même s’il ne pouvait pas s’exprimer.

Lorsque les Hoyt se battent pour inscrire Rick à l’école, cette décision est loin de plaire à tout le monde. En effet, les responsables de l’école, prétextant qu’il ne parlait pas, affirmaient qu’il ne pourrait pas comprendre. Dick révèle que ce qui a définitivement démontré l’intelligence de leur fils, est  lorsqu’un spécialiste raconta une blague, Rick esquissa un sourire.

Une fois que les Hoyt eurent démontré les facultés de compréhension de leur fils, ainsi que sa capacité à apprendre comme n’importe qui d’autre, ils décidèrent de lui trouver un moyen qui lui permette de communiquer.

En 1972, grâce à des ingénieurs, les Hoyt offrent à Rick, alors âgé de 10 ans, un ordinateur fait spécialement pour lui afin qu’il puisse communiquer. Cet ordinateur interactif, dont le curseur était manipulé par les mouvements de sa tête, lui donna la capacité de s’exprimer par écrit.

Lorsqu’il utilisa l’appareil pour la première fois Rick surpris tout le monde : au lieu d’écrire « Bonjour Papa » ou « Bonjour Maman », il écrivit « Go Bruins ! » du nom de l’équipe de Hockey de Boston qui allait jouer la finale du championnat. A ce moment là, il devint clair pour ses parents que Rick était un grand amateur de sport et qu’il aimait regarder le sport comme n’importe qui d’autre.

En 1975, alors que Rick à 13 ans, à la grande joie de ses parents, il est finalement admis dans une école publique.

Alors que ceci paraissait impensable quelques années auparavant, Rick alla au lycée et fut ensuite diplômé de l’Université de Boston. Il travaille actuellement au Boston College, sur la réalisation d’un système permettant aux personnes quadriplégiques de pouvoir mouvoir leur fauteuil par le seul mouvement des yeux. Il vit même dans son propre appartement.

 

« Papa tu veux courir avec moi ? »

L’année 1977 marque le début de leurs incroyables aventures sportives. Un jour, Rick dit à son père qu’il souhaitait participer à une course de 8km, en l’honneur d’un jeune homme qui s’était retrouvé paralysé à la suite d’un accident. Bien que n’étant pas un grand coureur, Dick accepta de faire la course en poussant le fauteuil roulant de son fils. Ils finirent les 8km et arrivèrent avant-derniers.

Le soir même, Rick dit à son père « Papa, quand on court, c’est comme si je n’étais pas handicapé ». Cette phrase restera gravée à tout jamais dans l’esprit de Rick et les conduira à réaliser de grands exploits.

 

Le dépassement de soi à l’état pur

Pendants près de 10 ans l’équipe Hoyt enchaîne ainsi de nombreuses courses allant de 5km jusqu’à des marathons (42km). Puis à partir de 1985, nos deux athlètes sans limite se lancent de nouveaux défis : des triathlons, ce fameux enchainement de natation, vélo et course à pied.

Les débuts sont compliqués. Pour commencer, Dick, 45 ans, doit se mettre à la natation, puis au vélo qu’il n’a pas pratiqué depuis près de 40 ans… Dans tout ce qu’ils entreprennent, on voit une détermination sans bornes chez les Hoyt.

Lors des épreuves, Dick tracte son fils dans un petit bateau, grâce à une corde reliée à sa taille, puis il pédale avec son fils à l’avant du vélo (spécialement conçu pour eux) et pour finir il court en poussant le fauteuil roulant de Rick.

Rick est celui qui m’inspire et me motive. Il m’a transmis sa passion pour le sport et la compétition. – Dick Hoyt

Au fur et à mesure de leurs participations à des triathlons, la « Team Hoyt » se surpasse à chaque fois un peu plus. Ils commencent par des triathlons courts puis augmentent les distances pour trouver des défis à la hauteur de leur motivation.

Un jour, Ricks demande à son père :
« Papa, tu veux courir un Ironman avec moi? »
« oui, mon fils », répondit son père. Et une nouvelle aventure commença

(Un Ironman est un triathlon longue distance qui consiste à enchainer : 3.8km de natation, 180km de vélo et 42km à pied).

Et vous savez le plus incroyable ? C’est qu’ils ont réussis !

Ils ont même eu le privilège de participer, en 1999, au mythique Championnat du monde d’Ironman à Hawaii.

En 2009, le marathon de Boston fut officiellement leur 1000e course ensemble. Et cette année encore ils souhaitent y participer malgré les 71 ans de Dick !

 

Petit bilan de leurs exploits sportifs

A la date d’aujourd’hui, nos deux champions au mental d’acier ont participé à plus de 1000 courses. Et ils ne sont pas prêts de s’arrêter !

Voici quelques détails :

  • 238 Triathlons (dont 6 Ironmans)
  • 68 Marathons (dont 27 fois d’affilé le marathon de Boston !)
  • 92 Semi-Marathons
  • 212 10km
  • Ils ont également parcouru 6 000km (presque 2 Tours de France !) en vélo et en courant à travers les états unis, en 45 jours !

Pour les connaisseurs voici quelques uns de leurs meilleurs temps :

  • Marathon : 2h40’47
  • Semi-Marathon : 1h21’12
  • 10Km : 35’48
  • Ironman : 13h43’37

De très bons temps pour des personnes valides, donc tout simplement extraordinaire pour un père qui pousse son fils ! (La liste exhaustive est ici.)

Dick raconte l’histoire de se famille dans un livre intitulé « It’s only a mountain ».

 

Les enseignements

Ce qu’ont accompli les Hoyt, nous permet de tirer plusieurs enseignements :

  • un enfant condamné à vivre dans un état végétatif toute sa vie peut réussir à obtenir un diplôme universitaire et avoir un travail, grâce au soutient sans faille et à l’amour de ses parents
  • on peut commencer le sport à 40 ans et réaliser des prouesses hors du commun
  • une équipe constituée d’un père est son fils peut montrer au monde que les obstacles qui semblent les plus insurmontables peuvent être vaincus

 

Points forts des Hoyt


Le mot de la fin

Ce portrait est une pépite. Il contient tous les éléments pour démontrer que le corps et l’esprit sont indissociables et que le mental peut permettre de rendre l’impossible possible. Le mental permet aussi bien à Dick de surmonter la douleur et la fatigue lors des courses, qu’à Rick de franchir toutes les barrières qui étaient sur sa route, pour mener une vie « normale ».

Cette famille mérite un immense respect et doit nous rappeler que si un homme et son fils infirme arrivent à effectuer de tels exploits, de quoi un individu valide est-il capable ?

Gardez cette histoire dans un coin de votre tête, elle vous aidera à voir la vie autrement et à vous convaincre que si vous voulez réellement quelque chose, aucune montagne n’est assez haute pour vous en empêcher

En cadeau bonus pour ceux qui sont arrivés jusqu’au bout, 2 vidéos des Hoyt à voir et revoir (en plus de celle que je vous avais déjà proposée)


 

Pour aller plus loin :


Crédits photos : www.teamhoyt.com

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9 commentaires dans “Portrait : Les Hoyt, l’amour d’un père, le courage d’un fils, la victoire d’une famille”

  1. Sebastien (3 comments) dit :

    Très bon article. Je connais très bien cette histoire car elle fait partie d’un film (Iology) sur lequel j’ai travaillé !

    Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’extrait en français de cette belle histoire à cette adresse: http://www.youtube.com/watch?v=8iBbi96XijQ

    Bonne journée à tous !

    Sébastien

  2. Argancel (3 comments) dit :

    Une belle histoire oui! Je ne connaissais pas cette famille. Ca fait plaisir de voir le plaisir qu’ils ont à tourner ensemble

  3. Guillaume (278 comments) dit :

    @Sébastien Merci beaucoup pour ton retour positif !

    @Argancel En effet, ça fait plaisir à voir et ça fait partie des histoires qui méritent d’être connues et partagées. (plus que des gens qui deviennent célèbres en cassant des pastèques avec la tête ou en mangeant des kilos de cheeseburgers…)

  4. Alban (1 comments) dit :

    Une très belle histoire, que je ne connaissais pas non plus mais que je suis heureux de découvrir aujourd’hui ! Merci Guillaume

  5. Catia95 (23 comments) dit :

    J’avais déja beaucoup apprécié la premiére vidéo,donc ca m’a fait plaisir d’en apprendre davantage sur cette famille extraordinaire.Outre le dépassement de soi,c’est une vraie leçon d’espoir pour les parents d’enfants handicapés.
    Merci pour ce partage enrichissant et trés motivant.

    • Guillaume (278 comments) dit :

      En effet, ça doit donner de l’espoir aux personnes handicapées ou malades, et également donner envie d’agir aux valides. C’est des vidéos comme celle-là qui donnent envie de faire du sport et de se dépasser !

  6. Guillaume (278 comments) dit :

    @Alban il y a plein d’histoires dans ce genre qui méritent également d’être mises en avant. Je vais en publier régulièrement 🙂

  7. CHRISTOPHE (1 comments) dit :

    Vous savez ce qu’est le respect ?

    Ceci est un parfait exemple :

    Lorqu’un journaliste lui pose la question :
    « Savez vous, que beaucoup de personnes pensent que vous êtes comme un « SUPERMAN » ? »
    Sa réponse est instantanée et sans ambiguité :
    « Non, je ne suis pas « SUPERMAN », juste un pére !

    Tout est dit !

  8. L'Papy (1 comments) dit :

    Vu depuis 2006…

    Cela m’a boosté au départ (fils « différent »), puis triathlète marathonien moi même, mon enthousiasme fut un peu douché par les dommages collatéraux…

    Quid de la famille ?

    Elle a explosée…

    Toute médaille à son revers…

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