Carburant : l’essence délaissée au profit du bioéthanol ?

Avec la flambée des prix du carburant, les consommateurs cherchent des solutions pour réduire leurs dépenses. Ils sont nombreux à se tourner vers le bioéthanol, un biocarburant composé de 60 à 85 % d’éthanol, et le reste, de SP95. Cette alternative coûte effectivement moins cher que l’essence, environ 0,69 euro le litre à la pompe. Une différence de prix significative qui se fait ressentir sur le portefeuille des automobilistes.

Néanmoins, il est bon de savoir que ce ne sont pas toutes les voitures qui roulent au bioéthanol ou E85. Seuls les véhicules FlexFuel qui ont la possibilité de rouler à l’essence traditionnelle et au superéthanol E85 peuvent s’approvisionner avec ce carburant bio sans se soucier des proportions. Dans l’optique d’aider les conducteurs à faire des économies d’énergie, des techniques permettent de transformer une voiture en un modèle FlexFuel. De quoi s’agit-il ? Pourquoi l’essence est-elle délaissée au profit du biocarburant E85 ?

Le retour du bioéthanol pour les véhicules

Le bioéthanol est qualifié de biocarburant. Il se compose principalement d’éthanol tiré de produits végétaux, avec un taux compris entre 60 et 85 %. Le SP95 est l’ingrédient qui complète le superéthanol. Ce carburant n’est pas tout à fait nouveau sur le marché. Il a vu le jour dans le courant des années 90. Son succès n’a pas été à la hauteur des espérances de ses instigateurs. Les années 2000 ont d’ailleurs marqué la perte d’attractivité de ce biocarburant. Actuellement, il revient en force étant donné que de plus en plus d’automobilistes préfèrent rouler à l’éthanol E85 plutôt qu’à l’essence.

Il est bon de noter que ce ne sont pas tous les véhicules qui carburent au superéthanol. Seuls quelques modèles fabriqués après les années 2000 peuvent rouler tant à l’essence qu’au bioéthanol E85, mais à condition de respecter certaines proportions. Afin d’éviter des impairs dans l’approvisionnement en biocarburant, de nombreux automobilistes procèdent à des transformations importantes. Des kits permettent effectivement à une voiture roulant généralement à l’essence de devenir compatible au bioéthanol.

carburant voiture bioéthanol

Les boîtiers convertisseurs pour rouler au bioéthanol

Dès leur création, les voitures sont programmées pour rouler à l’essence, au gasoil, au GPL ou autre. Cependant, à partir des années 2000, les constructeurs ont apporté certaines innovations sur leur gamme de véhicules. Leur réservoir peut être approvisionné en essence (SP95, SP98 ou SP95-E10), mais aussi en biocarburant en quantité réduite. Nous vous recommandons de demander plus d’informations à votre garagiste sur les quantités recommandées.

Grâce à des boîtiers convertisseurs, les automobilistes n’auront plus à calculer les proportions de E85 à verser dans leur réservoir. Ce dispositif transforme un véhicule standard à essence en un modèle FlexFuel, pouvant accueillir du biocarburant sans que vous ayez à faire des calculs. Il se présente sous forme de boîtier connecté. Son rôle est d’analyser la composition du carburant, et ce, en temps réel grâce à un gadget sous forme de capteur. Une application vous permet de suivre en direct les analyses réalisées et d’ajuster tous les paramétrages.

En d’autres termes, ce convertisseur au superéthanol est à installer sur votre véhicule à injection directe ou indirecte. Sa pose est réalisée par des professionnels spécialisés dans ce domaine spécifique. Dans certains cas de figure, vous pouvez même bénéficier de garanties, sans parler des prises en charge. Cette solution est effectivement une initiative pour réduire la production de CO2. Un geste récompensé par l’État.

Il est toujours recommandé de vous tourner vers des professionnels pour installer un boîtier convertisseur. Ils garantissent une pose certifiée limitant les dégradations sur votre véhicule. De cette manière, vous bénéficiez également d’un boîtier homologué et de qualité. Ce kit est conçu pour transformer votre voiture en 100 % FlexFuel.

Le bioéthanol E85 : pour quelles voitures ?

Comme abordé plus haut, le superéthanol ne convient pas à toutes les voitures en circulation. Certes, les modèles conçus après les années 2000 affichent certaines compatibilités à condition de respecter des proportions mesurées, mais une erreur de calcul risque d’engendrer des dysfonctionnements. Voici les caractéristiques de voitures qui peuvent rouler au superéthanol :

  • les voitures à essence : la majorité d’entre elles sont éligibles au biocarburant,
  • les voitures à injection électronique multi-points : ces véhicules peuvent facilement être équipés d’un boîtier convertisseur,
  • les voitures Euro 3 au moins : il faut que le véhicule appartienne à la norme Euro 3 et plus pour pouvoir rouler à l’E85,
  • les voitures compatibles à l’essence SP95-E10 : si votre véhicule est compatible au SP95-E10, il est aussi éligible au boîtier convertisseur pour rouler au bioéthanol.

Dans la liste des voitures qui ne peuvent pas rouler au superéthanol se trouvent les modèles avec un carburateur.

Le bioéthanol : un carburant moins cher et plus vert

Le succès du bioéthanol s’explique en partie par son coût attractif. Avec environ 0,7 euro le litre, les automobilistes font une économie d’à peu près 40 % comparé au SP95. Cette différence pousse bon nombre de citoyens français à investir dans des boîtiers convertisseurs. Les spécialistes estiment d’ailleurs que l’investissement est amorti en seulement un an d’utilisation.

À part le prix réduit du superéthanol, sa propreté fait également partie des avantages soulevés par les conducteurs. Les écologistes expliquent qu’il pollue moins que l’essence. Ses émissions de particules fines sont très basses par rapport au SP95, soit moins 90 %. Du côté des émissions de CO2, l’E85 est également plus propre. Une voiture roulant au superéthanol observe une diminution de 40 % de son émission de dioxyde de carbone sur son pot d’échappement. C’est également le même schéma pour les émissions d’oxyde d’azote puisque le bioéthanol en produit moins.

Même si le bioéthanol pollue moins par rapport aux autres carburants, son bilan écologique ne paraît pas si glorieux. Certains écologistes pointent du doigt les infrastructures polluantes mises en place dans sa production. L’utilisation de produits chimiques est requise pour obtenir une forte quantité d’éthanol. Une grande quantité d’eau est aussi nécessaire pour produire de l’E85. Des aspects négatifs qui ne font pas reculer les automobilistes. Ces derniers raisonnent davantage sur la réduction de la consommation, mais aussi sur la faible pollution du biocarburant à la sortie des gaz d’échappement.

boitier convertisseur voiture bioéthanol

Les compositions du bioéthanol

Si le superéthanol ou E85 est qualifié de carburant vert, c’est surtout en raison de sa composition. Les 60 à 85 % de bioéthanol contenu dans le biocarburant sont effectivement fabriqués à partir de plantes agricoles. C’est le cas de la canne à sucre, de la betterave, du maïs, du blé, etc. Ces matières premières sont travaillées durement sur de vastes terrains agricoles. Un processus chimique permet d’extraire une importante quantité d’éthanol. Ce dernier va devenir la base de la composition du superéthanol.

La majorité de la production du superéthanol se fait en France. Les automobilistes ont ainsi la possibilité d’utiliser un carburant bio et local. Une raison supplémentaire qui explique l’engouement de certains conducteurs à délaisser l’essence au profit du bioéthanol. La migration vers ce biocarburant est une manière indirecte de soutenir l’économie locale. C’est pour cette raison que de nombreux agriculteurs ont décidé de se tourner vers la production de bioéthanol.

La production de biocarburant en constante évolution au niveau local fait que le bioéthanol est moins taxé sur le territoire français. Sa commercialisation est fortement poussée, car il est disponible dans la majorité des stations-service.

En matière de consommation, le carburant vert attire de plus en plus les automobilistes en raison de son prix plus attractif. Rouler au superéthanol leur fait économiser plus de 40 %, voire 50 % par rapport au SP95. Un écart non négligeable pour les automobilistes qui se déplacent beaucoup. Les défenseurs de l’environnement sont aussi séduits par les caractéristiques du bioéthanol. Le bilan écologique fait état d’une importante réduction de pollution à l’échappement (moins 40 % d’émission de CO2 et moins 30 % d’émission d’oxyde d’azote). Tous ces points incitent les consommateurs à délaisser l’essence au profit du bioéthanol.

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