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Quand la dépigmentation touche nos hommes !

 

 

Une femme qui se dépigmente, nor­mal, nous dira-t-on. Mais quand le phé­nomène touche la gent masculine cela frise carrément le ridicule. C’est un secret de polichinelle. Les hommes ont de plus en plus tendance à « choyer » leur corps et à se pompon­ner comme leurs partenaires de la gent féminine. Après les muscles, les cheveux, les pieds et les mains, les hommes s’attaquent maintenant au teint. Eh oui, un teint «chon», lisse et sans impuretés, certains hommes en veulent aussi. Même s’ils ne s’affi­chent pas carrément, à l’instar de leurs frères des pays de la sous-région comme le Congo (Koffi Olomidé), ils usent de prétextes fallacieux pour s’adonner à leurs pratiques « coupables ». Car même si le « xéessal» est une chose acquise chez les femmes, il est inconcevable, sous nos cieux de voir un homme s’y adonner. Sous peine d’être taxé de «tapette» ou d’ho­mosexuel. Et pourtant, des téméraires s’y aventurent.

Reportage.

Au moment où les femmes prennent de plus en plus leur distance avec le « xéessal», cer­tains hommes semblent étrangement avoir trouvé goût à la chose. Surtout, n’allez pas leur en parler, car ils ont vite fait de nier jusqu’à la dernière énergie, au motif que cela n’entre vraiment pas dans les mœurs sénéga­laises que des hommes se dépigmentent la peau. Et pourtant, ces individus sont trahis par leur visage rasé de près, qui laisse paraî­tre un teint «timpi-tampa» (désuni). Vous en doutez? Eh bien regardez plutôt les clips que l’on diffuse en boucle sur les chaînés la télé. Surtout celui des deux jumeaux peuls Ousseynou et Assane dont le nouveau clip défile souvent ces derniers temps sur la petite Lucarne. Ou encore, petit flash back sur une interview que «Thiamas», animateur dans une radio de la place avait accordée au quotidien Walf Grand place. Interview dans laquelle, il lui a été posé la question de savoir s’il utilisait des produits pour la dépigmentation. Sa réponse aux allures ano­dines peut en laisser pantois plus d’un lec­teur (« j’utilisais un produit de ma femme mais je ne savais pas que c’était un produit pour la dépigmentation »). Cela est excusa­ble et peut encore passer, nous le lui concédons. Mais, cela démontre que le phéno­mène est bel et bien réel. Même l’artiste vedette de la troupe « Soleil Levant », Saneex, était entré dans la danse. Et quand un quotidien de la place l’a interpellé sur le sujet, sa réponse n’a pas été des plus sages. Extrait : « Je me dépigmente et je m’en -f…». No comment ! Ainsi donc, on remarque aisé­ment que la consommation de produits éclaircissant augmente chez les hommes dans un certain milieu artistique et chez les homosexuels, Souvent, les hommes pren­nent les produits de leurs épouses et connaissent donc les mêmes problèmes de peaux que les femmes.. Dans une moindre mesure cependant car ils utilisent en général moins ces produits. N’ayant pas la même maîtrise, ni la même technique des femmes, les hommes qui se dépigmentent ne passent pas inaperçus et sont souvent indexés. Ce qui ne les décourage pas pour autant, plus préoccupés qu’ils sont par leur look que par les remarques et les sourires moqueurs. La plupart se réfugient derrière des prétextes du genre : « c’est juste un savon pour avoir un joli teint, rien de plus ». Un argument qui soulèverait l’hilarité générale si l’on sait que la plupart des savons dont ils parlent sont des savons éclaircissant à base de carotte, de papaye ou encore d’olive. Quand, à force de précautions, on parvient à les faire parler enfin, c’est pour s’entendre débiter des confessions du genre : « j’ai commencé sans m’en rendre compte et sans savoir pourquoi ».

 

D’un acte insignifiant à une habitude

Ainsi en est-il de Souley. Du haut de ses vingt-deux ans, il raconte comment il a cédé à la tentation : « étant adolescent, je ne pou­vais pas me payer des laits de toilette, j’uti­lisais en cachette ceux de mes sœurs et j’en mettais sur les mains et le visage. Je deve­nais un peu plus clair au fil des jours et ma copine avait beaucoup apprécié le change­ment. Cela ne m’a pas dérangé car les gens me disaient que j’étais mieux ainsi et cela amusait tout le monde ». Ce qui au départ était un acte insignifiant s’est transformé en une habitude, avant de devenir une drogue. En effet, le jeune homme reconnaît qu’au­jourd’hui, il ne peut plus se passer du «xées­sal». Le plus amusant dans cette affaire. C’est quand Souley doit se payer lui-même son « attirail » pour la dépigmentation. « L’invente toutes sortes de prétextes pour acheter des produits généralement destinés aux femmes. Il est impossible de demander une marque sans que le vendeur ou les clien­tes sur place n’interviennent pour dire que c’est pour femme. Certaines se permettent même de me dire que je devrais essayer des produits du genre ceux qui sont réservés aux bébés » raconte-t-il. Puis pince-sans-rire, le jeune ajoute : « C’est là le prix à payer quand on est souvent trop soucieux de son apparence ». S’ils n’ont pas le courage de Souley, les hommes adeptes du «xéessal» se réfu­gient dans des arguments du genre, « j’ai toujours été ainsi. C’est une maladie de la peau » croyant ainsi tromper leur entourage.

 

«Tchatcho», «Bojou», «xéessal» ou: «kopakola»

 

Communément appelée «tchatcho» au Mali, «bojou» au Bénin, «xeesal» au Sénégal et «kobwakana» ou «kopakola» dans les deux Congo, certains expliquent leur penchant pour les produits éclaircissants par le fait qu’une trop longue exposition au Sénégal provoque un noircissement de leur peau. Comme en attestent les propos d’Abdoul Fall, maçon de profession. « Je suis exposé toute la journée au soleil et le ciment que j’utilise noircit encore plus ma peau. C’est pour cela qu’une fois à la maison, je mets un peu des produits utilisés par ma femme et je retrouve à peu près mon teint normal. Seule ma femme est au courant car je le fais en cachette. Les gens ne s’en doutent de rien du tout » se targue-t-il pensant berner son monde. Malheureusement, il n’en est rien et pour ces hommes obsédés par le désir de se sentir bien dans leur peau, l’essentiel, C’est d’être, beau, d’avoir du charme pour séduire. C’est le cas de ce dandy mannequin préférant s’exprimer sous le couvert de l’anonymat. “Je me suis laissé aller au «xéeasal», après avoir vu l’effet que cela faisait quand on me passait de la poudre pendant les défilés » confie-t-il. Dans le lot des mâles adeptes du «xéessal», il y a aussi des célébrités bien connues de la place ainsi que des adultes. Évidemment, la dépigmentation chez eux, ne se fait pas comme chez les femmes. Ils se contentent d’avoir le visage, les bras et les mains plus clairs que le reste du corps. Pour ce faire, un lait de toilette à l’hydroquinone pas très cher peut faire l’affaire. D’autres, plus nantis, optent pour des gammes de pro­duits américains à l’effet plus rapide.

 

Avis de femmes : « un homme qui se dépigmente, c’est moche !»

Qui veulent-ils séduire avec leur teint «xées­salisé»? Les femmes bien sûr ! Mais aussi et surtout par souci du paraître. Pourtant, rares sont les femmes qui apprécient. « Un homme qui se dépigmente ? Cela existe au Sénégal, mais on le voit surtout chez les étrangers. Bien que les hommes sénégalais en devien­nent de plus en plus des adeptes. Je pense qu’ils le font par souci de beauté mais je préfère de loin les hommes au teint naturel » confie M’agite, comptable dans une boîte de la place. Même réplique chez Coumba. Cette coiffeuse est d’avis qu’un homme qui se dépigmente «c’est moche », « Un homme «xéessalisé» ne me branche pas du tout. Le naturel fait plus beau, et en plus, c’est plus respectable » termine-t-elle.

Au moment où les européens veulent à tout prix bronzer, se transformant en lézards de plage s’exposent dangereusement aux rayons et aux coups de soleil. Pour certains crèmes auto-bronzantes ou monoï toutes ! Voir séances d’UV. Les hommes sénégalais, par complexe, font tout pour leur ressembler. C’est vraiment le monde à l’envers !!!!!

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