Rencontre avec le chanteur Nakhane, ouvertement gay et menacé de mort

Nakhane, artiste sud-africain transversal. Nakhane est un acteur engagé, revendiquant les droits des queer, impressionnant dans le film Les Initiés. Nakhane est également chanteur, tête d’affiche de la prochaine édition des Transmusicales de Rennes, auteur d’un premier album indie-rock superbe mêlant avec brio musique électronique et sonorités africaines. Nous lui avons posé quelques questions.

 

Qui est vraiment Nakhané ? Le chanteur, l’acteur, l’activiste, ou le romancier ?

Je ne me considère pas comme un activiste. Non pas que je trouve ça mal, mais il y a des gens dont le vrai travail réel, au quotidien, est d’être activiste. Si je me proclame activiste, je ne respecterai pas leur travail incroyable. En revanche, je veux bien prendre tous les autres titres. Qui est vraiment Nakhane ? C’est une de ces questions difficiles et d’une façon ou d’une autre, tout le monde y répond avec ses propres intérêts. Ma réponse, c’est que, comme les autres, nous changeons, nous évoluons. Donc, je change toujours. Mais au centre de tous ces projets, il y a Nakhane, l’artiste.

 

Quel message est caché derrière le titre « Clairvoyant » ?

Il y a ce mythe qui voudrait que lorsque l’on est dans une relation amoureuse, cela vous donne d’une manière ou d’une autre une sorte de clarté dans la vie. L’amour ne me fait pas clairvoyant, tout ce que je connais est comment être votre serviteur ».

 

Tu vis toujours en Afrique du Sud, même après les menaces de mort ?

L’Afrique du Sud est le premier pays à avoir inscrit la protection de l’orientation sexuelle dans la constitution, mais quelle est, en réalité, la situation des homosexuels dans le pays ?

 

Pour ne pas être incorrect, je dirais que dans un certain point, la situation dans la plupart des pays (dans lequel on ne voit pas l’homosexualité comme un crime) est semblable. Il y a des espaces où on peut être libres, et qu’ils veulent l’être, et il y a des endroits où il est dangereux d’être ce que vous êtes. Il y a la loi et il y a la réalité. Les deux ne cohabitent pas nécessairement ensemble.

 

Penses-tu que le film aide certains Sud-Africains à changer leurs perceptions étroites sur la communauté LGBT ?

Je l’espère ! J’aimerais qu’il puisse aider tout le monde, à travers le monde, tous ceux qui réussissent à le voir. Bien que l’histoire soit tout à fait locale, dans son contexte, le sujet est, quant à lui, totalement universel !

 

Manages-tu différemment ta carrière d’acteur et celle de chanteur ?

C’est une conversation que, mon manager et moi, avons depuis des mois. En fait, les deux vont de pair, bien qu’ils soient des moyens d’expression très différents. Ils s’inspirent l’un de l’autre. Ce dont je suis sur, c’est que je ne peux faire qu’un seul projet à la fois. Je ne peux être focus que sur une chose en même temps.

 

Nakhane, es-tu toujours victime de menaces ?

Pas autant qu’il y a quelques mois. Les gens oublient. Ils trouveront bientôt quelque chose d’autre qui va les déranger.

 

Tu as déclaré très récemment que tu avais un nouveau projet musical, et en parallèle un projet de film, tous deux passionnants. Peux-tu nous en dire davantage ?

Je ne peux pas malheureusement vous parler de mes prochains projets. Mais je suis vraiment enthousiaste à l’idée de mon nouvel album, qui sort en février. Je commence aussi à conceptualiser mon prochain livre. Mais il ne sera pas publié avant longtemps !

 

Es-tu croyant ?

Où trouves-tu ton inspiration ?

Ça dépend. Autant au détour d’une conversation, qu’à la lecture d’un livre, dans des films. Mais quelque chose de spécial se produit aussi lorsque je suis seul, en silence. C’est là que mon esprit commence à errer. Il faut vivre entièrement, et sans crainte, sinon, à quoi bon. C’est de cette idée que mon inspiration vient.

 

Que t’inspires la couleur rouge ?

C’est un secret. Mais le rouge a quelque chose de spirituel et d’ancestral.

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